Comment devenir un manager bienveillant ?

par Cadreo




Diminuer le stress, donner du sens au travail, rendre les salariés plus performants et heureux au travail... Voilà, entre autres, ce que promet le management bienveillant.

bienveillance"Bienveillance : Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui" . Cette définition du Larousse est-elle compatible avec le monde de l'entreprise où concurrence, stress, perte de sens au travail, individualisme et culture du chiffre semblent régner et conduire à des situations de burnout ? C'est justement pour lutter contre ces travers que le monde du travail s'est emparé du concept de bienveillance. La technique de la carotte et du bâton a fait long feu et tout prouve que des salariés stressés sont moins productifs, créatifs mais aussi plus souvent malades et donc absents. Bref, un management bienveillant c'est une façon de préserver les employés et de rendre l'organisation plus efficace. Comment ? Cela commence par des choses simples comme savoir dire "merci", "bonjour", complimenter lors de réussites et pas seulement critiquer en cas d'échecs. C'est aussi miser sur la coopération, le partage, l'échange.

Sur le site du think tank La Fabrique Spninoza, les "bienveilleurs" ont cette définition : "Autoriser à l’autre ce que l’on apprécierait pour soi et contribuer, par sa posture, au bien-être au travail de son environnement proche… en faisant appel à ses propres facultés naturelles de bienveillance, d’altruisme et de coopération". Un management bienveillant c'est également la capacité pour le manager à faire preuve de recul sur son travail d'encadrement, à accepter ses erreurs. Alors, la bienveillance, tarte à la crème ou vrai enjeu pour améliorer le monde du travail ?

> C'est quoi un management juste ?

Ça veut dire quoi un management bienveillant ?

L'idée est simple : faire en sorte que chaque manager encadre ses collaborateurs sans être un facteur de stress supplémentaire. Une façon d'encadrer qui doit motiver plutôt que de contraindre. Cela signifie encourager les employés à se dépasser, à leur faire confiance par une juste dose d'autonomie. Cela signifie nullement être mou et "sans poigne" mais simplement être juste. C'est savoir dire les choses - autant les bonnes que les mauvaises - de la meilleure façon qui soit. C'est éviter les approximations, sources d'incertitudes et donc de stress pour tirer le meilleur de chacun.

Donner du sens au travail

C'est l'une des critiques les plus fréquentes en entreprise : la perte de sens du travail. C'est même devenu tendance de parler de "bullshit job", ces jobs à la con qui seraient vides de sens et d’utilité pour la société. Son corollaire : la volonté de nombreux salariés de quitter le salariat pour créer une activité qui "ferait sens". Pour lutter contre ce sentiment de vide, le manager doit expliquer régulièrement quel est le rôle de chacun dans l'entreprise, comment il participe à une réussite collective et en quoi son métier est nécessaire à la bonne marche de cette dernière. C'est un excellent levier de motivation et une façon de rappeler aux collaborateurs qu'ils ne sont pas de simples robots, interchangeables. 

> Au fait, c'est quoi un job à la con ?

Autoriser le droit à l'erreur 

Le fail management, ou le droit à l'erreur au travail, est l'une des dernières tendances du management anglo-saxon qui débarque en France. Un pays où 57% des managers (2011) estiment que "rebondir après un échec professionnel est particulièrement difficile". De même, le monde de l'entreprise n'incite guère les salariés à prendre des initiatives et donc à prendre le risque de se tromper. Mais à l'image de Blablacar, certaines sociétés valorisent désormais l'échec. La société de covoiturage a inscrit parmi ses 10 valeurs ce mantra : "Fail. Learn. Succeed", soit "Tombe. Apprends. Réussis".  En somme : osez tester de nouvelles choses, mais sans peur. 

> Journée de l'échec : pourquoi le fail management à la côte ?

Bienveillance ou paternalisme ?

On peut être frappé de voir comment l'entreprise s'immisce de plus en plus dans la vie des salariés. Les entreprises incitent les salariés à mieux manger, voire pour certaines structures à servir des repas bios et sains, à encourager les efforts physiques... Les crèches et les conciergeries sont également de plus en plus répandus. Sans parler de Facebook qui construit un complexe résidentiel pour ses salariés. La version moderne des cités ouvrières du Creusot ? On peut le voir ainsi. Ou se dire qu'au contraire ces services mis à disposition des employés les aident à maintenir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, deux sphères de plus en plus poreuses.

Chief Happiness Officer et journée de la gentillesse 

Veut-on transformer l'entreprise en - pardon pour l'expression - monde des Bisounours ? Il est vrai que certaines initiatives laissent songeur. L'opération annuelle "J'aime ma boîte" est ainsi régulièrement moquée sur les réseaux sociaux. Une journée de la gentillesse est aussi fêtée sans que l'on en comprenne vraiment le sens. Et désormais la famille des RH s'agrandit avec le Chief Happiness Officer, ou le responsable du bonheur en entreprise.  A l'origine de ce concept, un homme : Chade-Meng Tan, un ingénieur américain salarié par Google. Il a fait évoluer son métier en inventant la fonction de "jolly good fellow" (super bon camarade). On peut dire qu'il a su capitaliser sur son succès : aujourd'hui milliardaire, il enseigne la méditation. C'est tout le mal que l'ou souhaite aux futurs Chief Happiness Officer... Leur mission : organiser des événements et garantir la cohésion et le bien-être des salariés, être à l'écoute des salariés, faire que la communication interne soit la plus claire et transparente possible, etc.

Un outil marketing mais pas que...

Le management bienveillant se répand à mesure que les entreprises développent leur marque employeur. En effet pour se faire connaître, recruter et fidéliser leurs employés, les sociétés ne peuvent plus se contenter de présenter leur activité. Elles ont besoin de se donner une image "sexy". L'ambiance, la décoration des bureaux, le baby-foot dans la salle de pause... De plus en plus d'entreprises imitent le "cool" des startups. Sans aucun doute, l'idée est de retenir les salariés et de faire en sorte qu'ils travaillent mieux et donc plus.  On pourrait trouver cela ridicule et pourtant en 10 ans la part des Français qui se disent stressés au travail est passée de 40 à 60%. Un facteur de démotivation qui joue in fine sur la santé des salariés. Alors si un peu plus d'humanité permet d'éviter de telles situations, pourquoi s'en plaindre ?!

> Interview - « La culture d’entreprise, c’est de la comm’ ! »

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