La reprise de l’emploi se confirme et les cadres en profitent !

par Cadreo




Directeur général de Badenoch & Clark, filiale du Groupe Adecco dédiée au conseil en recrutement des cadres et dirigeants, Laurent da Silva revient sur le vent d’optimisme qui souffle aujourd’hui sur l’emploi des cadres. Après des années difficiles, ces derniers n’hésitent plus à quitter leur entreprise pour saisir de nouvelles opportunités professionnelles.

CaptureQuelle est aujourd’hui la spécificité du marché de l’emploi des cadres ?

L’emploi cadres a toujours été un marché particulier, décorrélé du marché de l’emploi global. Avec un taux de chômage proche des 4%, les cadres sont en situation de quasi plein emploi. Nous constatons, et ceci est une bonne nouvelle, qu’ils sont à nouveau mobiles. Compte tenu du faible taux de chômage des cadres, les personnes qui avaient le plus de difficulté à s’insérer sur le marché du travail – les juniors et les seniors – s’en sortent aujourd’hui bien mieux. Ceci se vérifie notamment pour les diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce.

Selon vous, peut-on alors parler de reprise économique ?

La reprise est bien présente, même si elle est encore timide, et concerne tous les secteurs d’activité. L’industrie et le BTP traditionnellement perçus comme de bons indicateurs économiques ont annoncé, pour la première fois depuis plusieurs années, des créations nettes d’emploi. Cela se traduit par une plus forte mobilité des cadres, attirés par de nouvelles opportunités professionnelles.

On peut donc parler d’un vent d’optimisme qui souffle sur le marché des cadres ?

Disons une brise d’optimisme, mais bien réelle. Nos clients réalisent à nouveau des campagnes de recrutement importantes. Les cadres sont également plus confiants. Cette tendance, nous l’avons constaté il y a six mois en région parisienne et aujourd’hui elle se confirme sur l’ensemble du territoire.  Les cadres ont souffert ces cinq dernières années : les augmentations de salaire ont été faibles ou inexistantes et les bonus beaucoup plus rares. Aujourd’hui, la confiance est revenue et ils n’hésitent plus à saisir les opportunités qui s’offrent à eux. Ils savent qu’un changement d’entreprise s’accompagne généralement d’une augmentation significative de salaire. Si ce changement n’est finalement pas concluant, ils savent également qu’ils retrouveront plus facilement un poste.

Comment les entreprises s’adaptent-elles à cette reprise ?

Nous constatons un double mouvement : certaines entreprises sont tentées de renouveler en partie les équipes qui occupaient des fonctions de direction pendant la période de crise ; d’autres veulent avant tout retenir leurs talents de peur d’un mauvais recrutement. Mais en période de reprise, parce que les meilleurs candidats sont encore plus convoités, elles doivent aussi adapter leurs méthodes de recrutement. Pour attirer les talents les plus motivés, il n’est plus possible d’exiger quatre à cinq entretiens ou de finaliser un recrutement au bout de six mois ! 40% des embauches de cadres échouent dans les 18 premiers mois : les entreprises doivent aller vite pour attirer les meilleurs.

Comment expliquer ce taux si élevé ?

L’échec d’un recrutement est généralement lié à une inadéquation avec la culture de l’entreprise. Les candidats ne veulent plus des promesses mais des actes. Si le discours entendu lors de l’entretien ne correspond pas à la réalité, ils n’hésitent plus à partir. Plus que jamais, les entreprises ont besoin de travailler leur marque employeur et de délivrer un discours qui réponde aux aspirations des candidats.

Les cadres sont redevenus mobiles professionnellement mais changent-ils de région ?

Non et ceci est un vrai problème. En France, l’emploi cadre est très centralisé avec une forte concentration sur l’Ile-de-France. Projet immobilier, travail du conjoint… autant de facteurs qui limitent leur mobilité. Paradoxalement, il est souvent plus facile de faire bouger un cadre à l’étranger que dans une autre région.

Quels sont les autres freins ?

Il existe deux autres freins selon moi. Les clauses de non-concurrence d’une part, or elles concernent désormais presque toutes les catégories de cadres, et plus seulement les dirigeants. D’autre part, la peur de la démission ; la rupture conventionnelle est devenue la norme. Or si les entreprises ne souhaitent pas les signer, ce qui peut être légitime, certains cadres restent en poste… mais pour les mauvaises raisons.

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