6 concepts pour briller en entreprise

par Cadreo




Paternalisme libertarien, effet Dunning-Kruger, syndrome d'acceptation automatique... Voici 6 principes pour mieux comprendre ce qu'il se passe en entreprise.

Le paternalisme libertarien (ou nudging)

Derrière ce concept au relent anarchiste se cache une méthode de management visant à inciter les collaborateurs plutôt qu'à les contraindre. Il a été inventé par l'économiste Richard Thaler et le juriste Cass Sunstein dans leur ouvrage "Nudge, la méthode douce pour inspirer la bonne décision". Pour ces auteurs, "chaque jour, nous prenons des décisions, qu’elles concernent des options professionnelles, les écoles des enfants ou la simple composition d’un repas. Malheureusement, nous faisons parfois les mauvais choix". 

Le paternalisme libertarien est précisément là pour aider à prendre de meilleures décisions. Même à l'insu de son plein gré ? Nicolas Bordas, auteur de "L'idée qui tue" fournit un début de réponse. Selon lui, "les gens sont meilleurs lorsqu'ils ont, ou pensent avoir, un certain degré de liberté ; voilà pourquoi en entreprise le nudge permet d'accroître l'efficacité individuelle”. Pour en savoir plus -> Le "paternalisme libertarien" ou l'art d'influencer ses collaborateurs

Le syndrome d'Hubris

"Il a pris la grosse tête !". Il suffit d'une promotion en entreprise pour que les mauvaises langues se délient. Et si elles avaient raison ? Si les personnes qui obtenaient davantage de pouvoir se transformaient en monstre ? C'est ce qu'a voulu vérifier David Owen, ancien ministre britannique des Affaires étrangères. Il a publié les fruits de sa recherche dans l'ouvrage "The syndrome of Hubris". Plus que de tête qui enfle, il estime que le pouvoir intoxique. 13 symptômes, parmi lesquels le fait de parler de soi à la troisième personne ou de s'identifier totalement à l'institution, permettent d'identifier une personne touchée par ce syndrome. Pour connaître le remède -> Le syndrome d'Hubris ou quand le pouvoir rend fou

Le syndrome du scarabée

Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi untel avait obtenu une promotion et pas un autre, voici un début d'explication. On la doit en partie à deux entomologistes qui ont étudié le comportement de scarabées de différentes espèces. Leur question de départ : vont-ils collaborer ou s'entre-tuer ? Alors que les chercheurs avaient déjà observé l'appétit des scarabées pour leurs propres oeufs, ils se sont aperçus qu'ils aimaient encore davantage les oeufs des autres espèces.

Pas forcément surprenant. Et puis quel rapport avec le monde de l'entreprise ? C'est ici que deux économistes interviennent. George Akerlof, prix Nobel d’économie en 2001 et Pascal Michaillat, professeur d’économie à l’université Brown, estiment en effet que les hommes font comme les scarabées : ils favorisent leur espèce au détriment des autres. Pour eux, ce n'est donc pas la compétence qui explique la promotion des salariés mais un double effet d'homophilie et de xénophobie... Pour comprendre davantage cette méthode de sélection -> Le syndrome du scarabée ou comment s'opèrent les promotions en entreprise 

Le syndrome d'acceptation automatique, SAA (ou Mindless acceptance syndrome)

Pourquoi les cadres font-ils autant de réunions alors qu'ils estiment que la plupart ne servent à rien ? Pour rappel, un cadre passe en effet 16 ans de sa carrière en réunion... Aujourd'hui même, vous avez peut-être trois, quatre, cinq réunions à la suite. Sans que vous en connaissiez même forcément l'ordre du jour. Rassurez-vous, vous n'êtes pas les seuls dans cette situation, c'est une "épidémie mondiale", observait David Grady lors d'une conférence TED. Cela se traduit par l'acceptation "d'une demande de réunion dès qu'elle apparaît dans votre calendrier. C'est un réflexe involontaire - ding, clic, bing - c'est dans votre calendrier. 'Je dois filer, je suis déjà en retard pour une réunion'". Mais sachez qu'il existe une technique pour lutter contre le SAA -> Si vous faites des réunions inutiles, c'est la faute au au syndrome d'acceptation automatique !  

L'effet Pygmalion

En seulement 5 jours, 90% des managers classent définitivement les collaborateurs et les enferment dans une case. C'est très rapide mais aussi trop radical. Leur jugement n'est en effet pas toujours justifié. "La qualité du travail et les compétences des individus interviennent peu dans l’opinion qu’ont les cadres dirigeants de leurs subordonnés. Cela explique sans doute l’étonnante faveur dont bénéficient certains et le mépris qui frappe injustement les autres", expliquait au journal Le Temps, Pascal de Lomas, expert en communication. Et pourtant, le comportement des collaborateurs serait surtout dû au comportement de leurs supérieurs. 

Prophétie auto-réalisatrice. "Syndrome de l’échec programmé ("set-up-to-fail"), ou encore effet Pygmalion inversé. Tout cela peut se traduire ainsi : chacun devient ce à quoi vous le destinez. Soyez rassuré, là encore il est possible de lutter contre les/ses préjugés -> L'effet Pygmalion, ou comment les managers influencent la productivité des collaborateurs

L'effet Dunning-Kruger

"Le problème avec le monde, c'est que les gens intelligents sont pleins de doutes tandis que les plus stupides sont pleins de confiance". Cet aphorisme de Charles Bukowski résume parfaitement l'effet Dunning-Kruger. Ce biais cognitif, qui se traduit par notre incapacité à reconnaître objectivement notre incompétence, a été présenté pour la première fois en 1999 par deux psychologues qui lui ont donné leurs noms. Les personnes atteintes sont plus nombreuses qu'on ne le croit...

Les deux psychologues ont mené des tests faisant appel à un certain niveau de culture, d'humour, de sens logique et de grammaire. A la fin, les participants devaient s'auto-évaluer. Ils ont chaque fois surestimé leurs compétences. C'est par exemple cette personne dans le bureau qui monopolise la discussion sur un dossier qu'elle ne maîtrise pas tant que cela. A l'inverse, notent Dunning et Kruger, les personnes les plus qualifiées ont souvent tendance à sous-estimer leur niveau réelle de compétence. Vous en connaissez certainement -> L'effet Dunning-Kruger, ou quand les plus mauvais se croient doués

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