Interview - "Pour trouver un emploi, les cadres doivent mieux s'informer"

par Cadreo




Recherche d’emploi, identité professionnelle, seniors en entreprise… Thomas Baligand et Mathieu Jéhannin, consultants pour l’Apec, livrent leurs réflexions sur le marché des cadres.

Quels conseils donneriez-vous pour bien organiser sa recherche d’emploi ?

TBaligandThomas : Au-delà des évidences – être régulier, s’organiser avec un planning, etc. – je pense qu’avec l’avènement des réseaux sociaux, une des choses les plus importantes est de savoir trouver, trier et s’approprier l’information. Il y a encore 15 ans, un cadre qui se rendait sur le site corporate d’une entreprise avait suffisamment de matière pour rédiger son CV et sa lettre de motivation. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut davantage creuser et surtout extraire une information de qualité. Cette évolution, contrairement à ce qu’on peut lire parfois, redonne tout son sens à la lettre de motivation, notamment pour le top management.

MJéhanninMathieu : Autre conseil important, mais qui passe souvent à la trappe : réfléchir à son identité professionnelle, c’est-à-dire à la façon dont on incarne son métier. Pour le dire plus clairement, c’est bien souvent (re)donner du sens à son emploi. C’est la façon dont on se l’approprie. Pour certains, cette réflexion pourra conduire à changer totalement de voie, pour d’autres, ils remettront une pièce dans le juke-box ! Il ne faut pas simplement regarder son avenir professionnel à l’aune de son expérience passée mais la confronter au présent.

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Pourquoi certains cadres peinent-ils à trouver rapidement un emploi ?

Thomas : Le réflexe de nombreux cadres est de répondre à un maximum d’offres. Il privilégie la quantité à la qualité. Ils peuvent aussi se contenter des offres publiées par les entreprises sans chercher dans leur réseau ou encore le marché caché. Ils peuvent aussi vouloir retrouver un poste à responsabilité égale à celui qu’ils exerçaient sans quitter leur lieu d’habitation pour finalement élargir leur recherche après quelques mois. A mon sens, ils devraient au contraire élargir leur recherche à toute la France et voir si les entreprises mordent à l’hameçon. Cela leur permettra de voir si leur profil est adapté aux attentes actuelles. Certains cadres qui n’ont pas fait leur « mue digitale » vont se confronter à des difficultés s’ils ne se forment pas…

Mathieu : Autre écueil, je rencontre trop de cadres qui focalisent leur recherche sur une seule piste, jusqu’à être malheureusement sorti, au bout de 2 mois, de la short-list.

Leurs conseils pour bien réseauter

Aujourd’hui, le marché des cadres semble assez favorable ?

Thomas : Oui, toutes les prévisions annoncent des recrutements de cadres importants dans les années à venir.

Mathieu : Il faut apporter quelques nuances : le marché breton ou corse par exemple n’est pas le même qu’en Ile-de-France, de même qu’un cadre de 46 ans n’a pas les mêmes problématiques qu’un jeune diplômé…

On évoque souvent la difficulté des cadres seniors à retrouver un emploi…

Mathieu : C’est une question qui interroge la société entière, notre rapport et notre regard sur l’âge. L’évolution des outils de travail fait que l’on vieillit professionnellement de plus en plus vite. Mais je dirai que la séniorité se vit également dans sa tête.

Thomas : Tous les quinquagénaires n’endossent pas « l’habit » du senior. Certains acceptent plus facilement de se former, d’apprendre de nouvelles compétences et finalement leur âge n’est pas un problème. Il faut aussi, même si c’est difficile, accepter que son retour à l’emploi se fera peut-être dans un premier temps via une mission, sans un CDI à la clé. Après, indéniablement, on ne fonctionne pas de la même façon à 50 ans qu’à 30 ans…

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