Comment manager la génération "snowflake" ?

par Cadreo




Les membres de la "Snowflakes Generation" n'aimeraient pas être remis en question. Au travail, leurs managers devront marcher sur la pointe des pieds...

"Flocons de neige". C'est l'expression préférée du président Donald Trump et ses trumpistes pour insulter la "génération de personnes devenues adultes dans les années 2010, perçues comme moins résistantes et plus susceptibles de se sentir insultée que les générations précédentes", selon la définition du dictionnaire anglais Collins.

Sensibles, fragiles, geignards, allergiques à l'autorité et à la contradiction, les membres de la "Snowflake Generation" seraient également "moins résilients et plus susceptibles" que leurs parents. La génération "Snowflake" réunie les Y et les Z, dans ce qu'ils sont de pire.

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L'expression sert aussi à définir des pratiques proches de la censure dans les universités américaines et anglaises. Des étudiants à qui l'on reproche de pratiquer les "trigger warnings", soit le fait de prévenir qu'un contenu sera choquant, offensant (un livre parlant de suicide par exemple), les "safe spaces", des espaces réservés à des groupes spécifiques (femmes, LGBT, etc.) afin que ses membres ne soient pas confrontés à des discours de haine ainsi que les "no-platforming", en empêchant des personnalités controversées de participer à un débat. Voilà pour la définition des "snowflakes", une génération biberonné aux réseaux sociaux qui veut rester dans sa bulle ouatée.

Derrière la génération "snowflake", deux visions du monde

Le concept du flocon de neige a ceci de pratique qu'il ne souffre apparemment aucune contradiction (tiens, comme les "Snowflakes"). Il suffit en effet qu'une personne s'agace d'être traitée de "flocon de neige" pour obtenir la preuve que c'est en un... Pour autant, il n'est pas inutile de s'y intéresser. En 2020, la moitié des travailleurs sera issu de cette génération. Le magazine conservateur américain, The Spectator, a déjà mis en garde les managers dans une tribune au titre éloquent : "Préparez vous à marcher sur la pointe des pieds avec les snowflakes au travail". Selon l'auteur de l'article, "la génération moi, moi, moi", comme il l'appelle également, est restée volontairement coincée entre l'adolescence et l'âge adulte qu'elle ne souhaite pas atteindre.

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"Les 'flocons de neige', ces éternels ados, auront du mal à communiquer et à entretenir des discussions entre adultes avec les autres générations en entreprise", poursuit l'auteur. Mais un peu comme Trump qui s'insurge régulièrement contre le "politiquement correct", il dénonce le moralisme des "snowflakes". "Plutôt que d'entrer en conflit avec la génération de mon âge et de craindre notre réaction, ce sont les hommes d'âge moyen, comme moi, qui vont craindre de ne pas s'adresser correctement à cette génération. Nous serons pris en sandwich entre une vieille génération critique et une jeune génération encore plus critique".

Deux mondes qui s'affrontent. D'un côté les X de la classe moyenne qui fantasment du niveau de vie des baby-boomers qu'ils n'atteindront plus jamais, de l'autre des jeunes qui ont définitivement rejeté ce qui leur semble appartenir au passé : carrière, grosses voitures, sacrifice au travail, etc. Le monde actuel leur paraît hostile mais peut-on vraiment les blâmer ?

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Crédit photo Istock - laflor

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