Allo ? Allo !? Mais où sont les cadres ?

par Cadreo




A partir du 1er janvier 2017, entre en vigueur le "droit à la déconnexion". Une bonne nouvelle : si l'hyper-connexion permet d'augmenter la productivité au travail, elle tend aussi à diminuer nos capacités cognitives...

Téléphone-chuteC'était l'une des rares propositions de la loi Travail à faire consensus. L'article 25 de la loi dite El Khomri prévoit en effet un "droit à la déconnexion" applicable à compter du 1er janvier 2017. Une loi qui vise à encadrer le travail après le travail donc, ou plutôt à permettre aux salariés de ne pas travailler le soir, les weekend et durant leurs vacances ! Il y avait urgence : selon une étude de l'Apec, à peine 23% des cadres décrochent du travail une fois sortis du bureau et près de 90% d'entre eux jugent que les outils connectés ont définitivement brouillé la frontière vie privée - vie professionnelle. 

Une charte du "droit à la déconnexion" 

Concrètement, les entreprises de plus de 50 salariés devront négocier avec les partenaires sociaux un accord fixant les modalités d'exercice par le salarié de son droit à la déconnexion. L'entreprise devra proposer des dispositifs de régulation des outils numériques. La loi ne prévoit pas de sanction en cas de manquement mais une charte devra être signée prévoyant la mise en oeuvre "d'actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques".

> 10 entreprises qui favorisent la déconnexion de leurs cadres

"Si l'employeur peut décider unilatéralement, où est l'incitation à conclure un accord ?", demande aux EchosSophie Binet, secrétaire générale adjointe de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT). "On aurait dû y mettre une trêve des mails, au moins pour une période équivalente au temps de repos du salarié", regrette-t-elle. Cette charte représente toutefois une avancée : plus aucun cadre ne pourra se voir reproché de ne pas décrocher son téléphone ou de ne pas répondre à ses mails pro. Au-delà, c'est une question de mentalités, surtout en France où il est de bon ton de travailler après les horaires de bureau. L'hyper-connexion s'en trouve alors renforcée et même valorisée : le statut de cadre n'est-il pas un sacerdoce ? Et puis qui n'a jamais reçu de mails tard le soir visant à prouver que son interlocuteur ne "déconnecte jamais" ? Même si personne n'est vraiment dupe...

Hyperconnectés - le cerveau en surcharge [ARTE... par 1Jours1enquete

Mais l'hyper-connexion - qui avec Internet et les smartphone touche de plus en plus de salariés - a des conséquences néfastes et pas uniquement dans le monde du travail. "Perte de concentration, stress, épuisement mental, voire dépression... : si les outils connectés augmentent la productivité au travail, des études montrent aussi que le trop-plein numérique qui envahit nos existences tend à diminuer les capacités cognitives", peut-on lire sur le site d'Arte en résumé du documentaire Hyperconnectés, le cerveau en surcharge. Alors que des cadres y évoquent leur burnout, des solutions sont également apportées pour apprendre à filtrer le trop plein d'informations. Ou comment ne plus subir mais adapter la technologie à nos besoins...

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