Le digital transforme tout, même le management !

par Cadreo




Les entreprises les plus investies dans la transformation digitale sont plus performantes que leurs concurrentes. Ce serait aussi vrai pour les managers qui maîtrisent davantage les enjeux du numérique. "Blockchain", "employee experience" et "management by absence" font partie des enjeux actuels du management... Vraie révolution ou simple évolution du métier des cadres ?

Fini le management à papa ? Selon une étude de CapGemini, "L'avantage digital : comment les leaders du numérique surpassent leurs pairs dans tous les secteurs", les entreprises les plus digitalisées sont 26 % plus rentables que leurs concurrentes. C'est aussi vrai pour les managers qui maîtrisent davantage les outils du numérique, explique le site Inriality. Ces leaders comprennent mieux le monde dans lequel ils évoluent et sont de meilleurs encadrants. Ils ont notamment compris le mouvement de verticalisation en cours dans les entreprises.

Mais comment s'adapter à ces changements ? Comment passer du management par les ordres à un management "en mode projet" ? Et d'ailleurs, assiste-t-on à une véritable révolution ou simplement à une nouvelle mode managériale ? En tout cas, si changement il y a, il passe essentiellement par l'anglais. So, what's next for managers ?

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Blockchain et "Proof-of-value"

La "blockchain" est "une technologie de gestion de données numériques, transparente et sécurisée. Elle fonctionne sans organe central de contrôle", explique le site 7X7. Adaptée au management, cela signifie que la qualité et la fiabilité d'un individu sont déterminées par sa réputation et non plus par son niveau hiérarchique. "Ce n'est plus un chefaillon quelconque qui vous dit que votre tableau Excel est une petite merveille (ou pas), mais l'ensemble du réseau de contributeurs qui juge de la valeur de votre travail, et vous rémunère en fonction", poursuit le média en ligne. Dit encore autrement, chacun montre les preuves de sa valeur (proof-of-value). Exit donc le chef qui impose sa loi. Dans cette organisation,  les salariés s'auto-gèrent au maximum, le manager devenant facilitateur plutôt que décisionnaire. En tout cas, si le chef demeure, il doit prouver qu'il a les épaules pour ce poste et il devra faire en sorte de partager au maximum les informations avec ses collaborateurs. Fini la rétention d'informations, on avance collectivement ! 

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Ici on baigne, dans la culture de l'entreprise libérée. Les anciens managers sont devenus des team-leaders, stimulant leurs troupes..."A mesure que les entreprises se transformeront, il n’y aura bientôt plus une catégorie séparée d’employés appelés "managers". Les tâches de management seront distribuées plus équitablement entre tous les employés", prédit le conférencier et professeur Gary HamelGary Hamel. Autre point de vue, plus critique, ce à quoi on assiste aujourd'hui serait le "quantified self" ou l'extrême mesure de soi. Chacun est tellement habitué à s'auto-évaluer au quotidien, à mesurer et rationaliser les différents pans de son existence que les managers n'ont plus de raison d'être. Deux points de vue opposés et extrêmes. En tout cas, si les exemples d'entreprises libérées existent, la liste est courte et ce sont toujours les mêmes qui reviennent. Soit que ce système est difficile à mettre en place, soit qu'il n'est pas adapté à toutes les entreprises.

Mojo manager, Chief happniess offcier, Brand love manager...

Cette disparition - réelle ou fantasmée - du manager est particulièrement visible au sein de la fonction RH. Fini les Directeurs des ressources humaines, place aux Chief Happiness Officer, Brand love manager, Happy manager et autres Mojo manager. Au Mans, une entreprise a carrément recruté une "nounou" chargée à la fois du bien-être des salariés et, comme kinésiologue, d'offrir des soins individuels et des ateliers de gestion du stress...

Le Chief Happinesss Officers (CHO), tout comme la nounou, sont des responsables du bonheur au travail. Parmi leurs missions : organiser des événements en interne pour garantir la cohésion des équipes, assurer une communication claire et efficace de l'entreprise, être à l'écoute des demandes individuelles, etc... Le Brand love manager est lui aussi un peu RH et un peu autre chose. Par exemple chez My Little Paris, sa deuxième casquette est directrice marketing. Parmi les justifications à ces nouveaux emplois : un environnement de travail agréable renforce la productivité et permet de retenir les salariés. Pourquoi ces postes sont liés à la digitalisation des entreprises ? Tout simplement parce qu'ils sont apparus dans les startup de la Silicon Valley. La Mecque du cool !

"L'employee experience", le futur des RH

"Etre employé-centré et digital c'est changer d'état d'esprit, c'est développer un ensemble de compétences technologiques axées sur le consommateur et la création de nouvelles solutions RH", écrit Forbes dans un article sur les 10 tendances des Ressources humaines. L'expérience employé renvoie bien évidemment à l'expérience utilisateur, appliquée au management. Ce terme est né pour faire face à la guerre des talents et au fait que les millenials, les 20-35 ans pour simplifier, n'aient plus guère envie de travailler en entreprise.

Quand les entreprises recherchent leurs incroyables talents

En 2040, aux Etats-Unis, on prédit que 40 % des actifs seront des freelances. En France aussi les mentalités ont évolué. Devenir son propre patron est un "must". Idéalement, chacun se voit à la tête d'une startup, disruptant un pan de l'économie. Pour capter cette population rétive au monde de l'entreprise, il faut donc répondre à ses attentes et notamment celui d'immédiateté. Cela passe par de nouveaux outils de partage de l'information, avec des réseaux sociaux type Slack ou Workplace Facebook. Selon les besoins des salariés, il faudra utiliser tour à tour le téléphone, la messagerie skype, les textos ou tout autre réseau social.. Là encore, l'idée est de s'adapter aux salariés habitués à échanger tout le temps et sur tous les sujets et qui veulent se sentir d'égal à égal avec leur hiérarchie.

Management by absence

"Laissez mes collaborateurs surfer". Le titre de cet ouvrage résume la pensée de son auteur, le fondateur de Patagonia, Yvon Chouinard. Pour lui, chacun doit pouvoir être libre de travailler où il veut et quand il veut. Certes, les cadres n'ont pas forcément la possibilité de dire à leurs équipes de gérer leur temps exactement comme ils l'entendent. Mais ça permet de réfléchir aux attentes des collaborateurs. C'est aussi vrai dans l'autre sens : le management par l'absence doit être une pratique des managers. Sortir se balader, s'aérer du bureau pour mieux réfléchir et revenir avec des idées nouvelles. Pourquoi pas quitter s'absenter du bureau pour faire les réunions ? C'est une des pratiques du mythique patron de Virgin, Richard Branson, persuadé de trouver ainsi l'inspiration.

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Cela renvoie également aux possibilités laissées aux collaborateurs de travailler à distance, que ce soit permanent ou un ou plusieurs jours par semaine. L'idée : mettre à profit les outils numériques pour faciliter la conciliation vie pro - vie privée si chère aux salariés.

Alors changement profond ou simple maquillage managérial ? A l'évidence les outils ont évolué, mais les hommes ? Les "Y", et les" Z" sont-ils réellement différents à encadrer que la génération précédente ? S'ils sont plus critiques envers le management et le monde de l'entreprise, est-ce dû à leur année de naissance ou à un monde qui peine à donner de l'emploi, durable, à tous ? Mais c'est peut-être un autre débat...

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