Et si on arrêtait de demander tout et son contraire aux managers ?

par Cadreo




Bienveillants mais pas "amis", carrés mais pas autoritaires, opérationnels mais visionnaires... Les injonctions faites aux cadres sont-elles vraiment réalisables ?

shutterstock_171785246_optC'est en lisant les commentaires sur un article publié sur LinkedIn, Le management par la bienveillance, l'avenir du management !, qu'est venue l'idée de cet article. Et plus particulièrement un commentaire qui en dit long sur l'état d'esprit des managers, eux qui sont coincés entre la direction et le terrain, au contact des salariés. Un cadre, du moins on peut le supposer, s'énervait ainsi à sa façon et demandait, poliment mais fermement à l'auteur d'écrire "un de ces quatre (..) l'article inverse : la bienveillance... envers les managers".

C'est quoi un management juste ?

C'est vrai qu'ils n'ont pas toujours le beau rôle les cadres. Et puis ça veut dire quoi être bienveillant ? C'est la dernière lobby du management sans que ce terme semble jamais vraiment préciser. Commençons par là et reprenons la définition du Larousse. "Bienveillance : Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui." Qu'un manager comprenne les problèmes rencontrés par ses collaborateurs s'entend, qu'il les aide à progresser et à rattraper leurs erreurs également. Mais faut-il parler d'un management spécifique pour ce qui n'est jamais que l'état d'esprit d'une personne disons agréable. Tout le monde ne l'est malheureusement pas et c'est précisément ce qui permet à certains de l'être...

Cadres, c'est être entre l'enclume et le marteau

Continuons notre recherche sur la bienveillance. Quand on demande à Google, le moteur de recherche renvoie vers deux autres occurrences intéressantes : le happiness management et le feelgood management. Rien que ça ! Le management par le bonheur et le management qui fait se sentir bien. Une traduction française qui permet volontairement de ridiculiser ces concepts managériaux. Car étonnamment plus le monde de l'entreprise et le marché du travail semble complexe et difficile, plus on parle de l'entreprise comme d'un lieu qui doit être apaisé, épanouissant pour ses membres, afin d'en tirer le meilleur mais avec le sourire. Une vision qui entre en contradiction avec les efforts demandés par les directions des entreprises : augmenter la productivité et la rentabilité des équipes. Normal direz-vous. Mais prôner dans le même temps un management par le bonheur semble contradictoire.

La revue HBR a pointé ce décalage entre ce qui est demandé et la réalité. Une rupture que l'auteur date aux années 90 avec le néo-management. "Il s’est agi de passer du modèle d’autorité bureaucratique fondé sur l’impersonnalité des règles et l’automatisme des expertises, à un modèle de « soft power » fondé sur l’ultra-personnalisation des talents, des projets et des récompenses". A mesure que l'on dit aux collaborateurs venez comme vous êtes, plus la pression et l'individualisme se font sentir. Les cadres se retrouvent ainsi à manager des collaborateurs en concurrence entre eux, qui cherchent souvent à aller voir si l'herbe est plus verte et/ou plus grasse ailleurs.

Autres difficultés rencontrées par les cadres, propres à leur statut, être entre l'enclume et le marteau. De plus en plus de cadres se plaignent d'être de simples exécutants de la direction. Un reproche que peuvent leur faire les collaborateurs qui attendent de leur chef, de la hauteur d'esprit, une vision, de l'entrain... Les cadres eux ont surtout l'impression de faire des reportings. Bref, aux managers on demande beaucoup. Comment ne pas s'étonner qu'ils soient nombreux à ne plus vouloir encadrer d'équipes ? D'ailleurs, si on leur demande de faire preuve de bienveillance, eux se demandent comment manager des collaborateurs râleurs, blasés, tire-au-flanc et pessimistes ?

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