Faut-il être aimé de ses collaborateurs ?

par Cadreo




En France, seulement 19 % des salariés ont une très bonne opinion de leur manager... Faut-il essayer de les faire changer d'avis ?

Oui. L'entreprise est de moins en moins hiérarchique. Le schéma d'un junior exécutant les ordres d'un senior, sûr de son savoir, s'est effrité ces dernières années. D'ailleurs, il n'est plus rare que des trentenaires dirigent des quinquas. La figure traditionnelle paternelle et autoritaire étant morte, il faut désormais jouer sur d'autres leviers pour manager ses équipes. Si la bienveillance est le denier mot à la mode dans le monde du management, il n'en est pas moins instructif sur l'évolution des rapports hiérarchiques. Le think tank La Fabrique Spinoza lui donne cette définition : "Autoriser à l’autre ce que l’on apprécierait pour soi et contribuer, par sa posture, au bien-être au travail de son environnement proche… en faisant appel à ses propres facultés naturelles de bienveillance, d’altruisme et de coopération"Alors certes, il n'est pas question d'amour à proprement parlé, mais imposer son autorité sans prendre au minimum en compte l'avis des collaborateurs est probablement la meilleure façon de les braquer.

Les Français ont une défiance naturelle face au chef. "En même temps", ils estiment avoir besoin d'autorité. Pour réussir dans sa mission de manager, il faut donc incarner cette mission, à savoir être légitime en tant que chef. Pour cela, il faut motiver ses troupes, leur montrer leur utilité mais aussi faire en sorte qu'ils comprennent la votre et la respectent. Etre aimé en tant que chef, c'est à la fois être reconnaissant de ses troupes et recevoir leur reconnaissance...

> Éloge des managers

Non. Mais il ne faut pas avoir peur d'être traité de "chieur de première" comme l'était Steve Jobs par ses équipes ("Hero-Shitheade-Roller Coaster", littéralement "Héros-Tête de merde-Montagnes russes"). Sa marque de fabrique : un management plus qu'autoritaire pour ne pas dire dictatorial, à l'opposé du manager bienveillant en quête de compromis. Steve Jobs était un homme d'action qui imposait sa vision. Et nul n'était autorisé à en dévier.

> Comment encadrer une personne qu'on ne peut pas encadrer ?

C'est un peu le "je décide, il exécute", lancé par Nicolas Sarkozy quand il parlait de son ancien premier ministre François Fillon. Après lui, il y a eu François Hollande. Ce dernier a tenté une approche consensuelle, jouant moins avec les codes d'une figure virile et autoritaire. Le parallèle avec la politique n'est peut-être pas le mieux choisi puisque ces deux anciens présidents n'ont pas réussi à se faire réélire, alors que Steve Jobs est devenu une idole mondiale. Mais pour se comparer à cet entrepreneur à part, il faut être très mégalo ou un pur génie...

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