Loi de Carlson : quand l'interruption des cadres nuit à leur productivité

par Cadreo




En moyenne, un cadre est coupé toutes les douze minutes dans son travail. Résultat : le temps perdu à cause de l'interruption d'une tâche est supérieur au temps de l'interruption, selon l'économiste Sune Carlson...

Loi-CarlsonComment avoir le "flow" en entreprise ? On ne parle pas ici d'un phrasé musical rythmé mais de l'état mental atteint lorsque nous sommes totalement plongés et immergés dans une activité. En psychologie positive, cette concentration maximale s'appelle donc le flow (flux).

Vous souvenez-vous seulement d'avoir été si absorbé au travail ? Déjà dans les années 50, l'économiste suédois Sune Carlson avait identifié que les cadres étaient interrompus toutes les 20 minutes dans leur mission. Aujourd'hui, avec la généralisation des open spaces, de l'usage quotidien d'Internet et parfois des batailles de Nerf, les salariés sont coupés dans leurs tâches toutes les 12 minutes.

"La plus coûteuse des dépenses, c’est la perte de temps" (Théophraste)

Dans son ouvrage "Executive Behavior", Sune Carlson expliquait qu'un "travail réalisé en continu prend moins de temps et d'énergie que lorsqu'il est réalisé en plusieurs fois". Au travail les missions sont pourtant hachées. D'autant plus qu'il faut 3 minutes au cerveau pour se re-concentrer, et que la prochaine interruption aura lieu neuf minutes plus tard. Cela laisse peu de temps pour avancer sur ses dossiers. Si jamais les employés y arrivent... Carlson a en effet démontré qu'un individu après avoir été coupé dans son travail est davantage tenté de papillonner, surtout si ces missions l'embêtent. Autres conséquences de ces pauses : à la reprise du travail, le pourcentage d'erreurs est multiplié par deux.

"Le temps perdu à cause de l'interruption d'une tâche est supérieur au temps de l'interruption" (Carlson)

Il suffit de regarder autour de soi pour comprendre le phénomène. Les smartphones sont régulièrement vérifiés par les salariés, les coups de fil, ou les discussions interrompent le calme de l'open space et les systèmes de messageries instantanées,  censées faire gagner du temps en supprimant des emails pourtant toujours aussi nombreux chronophages, clignotent régulièrement.

La loi de Laborit pour éviter de procrastiner

Résultat de toutes ces interruptions, les salariés n'avancent sur rien. Pire, ils ont de bonnes raisons de procrastiner. Comment les aider à se mobiliser au travail ? Les managers ne sont pas toujours les mieux lotis pour montrer l'exemple et ils ne détiennent pas le budget pour attribuer à chacun un bureau fermé. Les RH devraient néanmoins y réfléchir : selon une étude menée en Europe, le bureau individuel génère le plus de satisfaction, les salariés faisant valoir le besoin de travailler dans un environnement calme et l'impact négatif sur leur travail des bureaux partagés.

Le message étant passé, quelles actions pouvez-vous mettre en oeuvre pour vous et votre équipe afin de mieux travailler ? Commencez par limiter le nombre de mails envoyés, bannissez les messageries type Slack ou dressez une liste de bonnes pratiques pour qu'elles ne perdent pas de leur utilité, coupez votre téléphone portable. Dans la lignée de Carlson, le chirurgien Henri Laborit a lui théorisé la loi du moindre effort voulant que l'homme cherche le plaisir immédiat et fui les tâches les plus pénibles. Prenez le taureau par les cornes et commencez votre journée par celles qui sont les plus difficiles pour vous. Les missions les plus sympas sont à réaliser dans l'après-midi.

9 astuces pour ne plus être débordé au travail

Si vraiment vous peinez à rester concentré, vous pouvez utiliser le site Eggtimer. Dans votre barre des tâches ce logiciel décompte le temps qu'il vous reste à travailler d'une traite. Le compte à rebours commence à 25 minutes. Evitez de le fixer pendant aussi longtemps...

Eggtimer

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