Les managers bientôt remplacés par des robots ?

par Cadreo




Utiliser les "data" afin d'évaluer et résoudre des problèmes, surveiller la productivité des collaborateurs et leur fournir des feedback... Ces tâches aujourd'hui confiées aux managers peuvent déjà en partie être réalisées par des robots, explique la Harvard Business Review. Alors, pour ou contre l'automatisation des cadres en entreprise ?

Ro-bossDemain, tous recrutés par des robots ? La question ne se posera peut-être bientôt plus alors qu'une étude a déjà démontré que les responsables des recrutements choisissaient moins bien les candidats que les algoritmes. Les plus répandus sont les ATS - "Applicant Tracking System" - un système de suivi des candidatures fourni clé en main aux entreprises. Ces logiciels analysent les CV et dressent un profil du candidat sur une série de critères (diplômes, expérience, compétences, etc.), lui attribuant une note transmise aux recruteurs. Ces logiciels peuvent même envoyer un courrier de refus. En plus d'un gain de temps pour l'entreprise, les algorithmes trient les candidatures sans aucune discrimination....

"Un manager sur deux échouera dans sa mission"
 

Au-delà du personnel des ressources humaines, les robots pourraient-ils un jour remplacer les managers ? Selon la revue Harvard Business Review, c'est bien plus envisageable que nous ne l'imaginons. "Si on considère certaines de leurs tâches, à savoir, utiliser des données pour évaluer les problèmes, prendre de meilleures décisions que l'équipe, surveiller la performance des collaborateurs, fixer des objectifs pertinents et fournir des retours précis, [...] la technologie n'est pas seulement capable de rivaliser avec l'homme mais jouent déjà un rôle pivot pour aider les humains à être plus efficace dans la réalisation de ces missions".

Même si ces tâches relèvent encore du challenge pour les robots, c'est aussi le cas pour les hommes, souligne l'auteur de l'article. La preuve : où qu'ils soient les travailleurs ont tendance à être désengagés, les gens quittent leur travail souvent pour des problèmes de management et ceux qui se lancent dans l'entrepreneuriat le font précisément pour être leur propre patron. "Un manager sur deux échouera dans son rôle, le plus souvent à cause de leur incapacité à inhiber leurs tendances toxiques", précise HBR. Si vous en doutez, tapez dans Google "mon chef est..." La fonction "autocomplete" du moteur de recherches fournit ensuite les requêtes les plus populaires des salariés. (Nous l'avons testée pour vous : Comment les cadres sont-ils perçus par leurs collaborateurs ?)

A l'évidence, il ne manque pas grand chose pour que l'intelligence artificielle fasse bientôt vraiment mieux que l'humain. Alors faut-il automatiser les managers ? HBR propose de peser le pour et le contre.

Les Pour  

Éviter les querelles. Il faut être deux pour danser un tango. C'est la même chose pour les confrontations. Face à un robot, même si on peut s'énerver contre, c'est beaucoup plus difficile de se disputer. Quand bien même, un robot serait programmé pour avoir une "personnalité", ça ne sera jamais de vraies émotions. Ce sont pourtant bien souvent ces dernières qui pourrissent l'ambiance au bureau.

Des "feedbacks" objectifs. Même si le management tend à devenir  une science, les managers ont encore tendance à prendre leur décision à l'instinct. Ce qui implique des biais - conscients ou inconscients - et même si les managers sont bien intentionnés, ils sont souvent incapables de faire des retours précis, parce qu'ils ne veulent pas rentrer en conflit avec les collaborateurs ou tout simplement parce qu'ils n'arrivent pas à juger objectivement les membres de leur équipe. Un point sur lequel les robots seront forcément meilleurs...

De meilleures prises de décisions. Face à la multitude de données auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés, l'homme est incapable de toutes les aborder et de transformer l'information en connaissance. Le groupe Hitachi a d'ailleurs présenté en 2015 un robot-chef capable d'analyser les problèmes et donc les meilleures solutions pour en instruire les employés. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle n'est pas encore totalement aboutie mais demain ? "S'il existe un process ou un algorithme, l'intelligence artificielle peut la répliquer et l'améliorer. Le vrai challenge pour l'IA, c'est de répliquer les décisions inintelligentes, celles qui sont "naturellement stupides", poursuit la HBR.

Les Contre 

L'IA peut se tromper. L'intelligence artificielle a aujourd'hui comme données dans le monde du recrutement que les femmes sont sous-représentées parmi les hauts placés en entreprise et que les noirs ont plus de probabilités d'être arrêtés pour des crimes. Les robots pourraient alors renforcer les biais aujourd'hui en cours, en favorisant davantage les hauts salaires pour les femmes et en excluant des process de recrutements les personnes noires...

Les robots peuvent faire tellement de choses... Inventer de nouveaux produits, avoir l'esprit d'entrepreneuriat. Ces traits d'esprit sont purement humains. Si les robots sont capables d'imiter et d'améliorer des techniques créées par l'homme, ils ne sont pas dotés de créativité. Ils peuvent ainsi vous guider pour le choix de votre hôtel, mais ils n'ont pas inventé AirBnB. "Si vous éliminez la capacité de créativité et d'innovation des managers, vous rendrez le travail quotidien des salariés encore plus terne", écrit avec justesse l'auteur de l'article.

Les humains ont besoin des humains. A moins de pouvoir un jour les programmer dans ce sens, aujourd'hui les robots n'ont pas la capacité de développer des émotions. D'ailleurs ce n'est même pas tant le fait qu'ils n'aient pas d'émotions qui posent problème mais plutôt que les "ro-boss" ne sont pas assez sophistiqués pour détecter comment se porte leur interlocuteur. Un robot ne pourra pas comprendre qu'un salarié a connu une baisse de productivité suite à une maladie ou un drame personnel. On pourra toujours arguer que certains chefs manquent également d'empathie... Mais l'homme a besoin de l'homme. Des études ont même démontré que des récompenses attribuées à des hommes par des robots les rendaient moins positifs que des récompenses attribués par d'autres hommes.

Il faudrait finalement poser la question aux salariés. Ceux qui auront été traumatisés par leur chef actuel et les précédents opteront pour un "ro-boss", les autres continueront d'interagir, parfois pour le pire mais souvent pour le meilleur, avec leurs congénères...

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