Nuls en anglais ? Laissez vos interlocuteurs s'adapter !

par Cadreo




Les cadres français - et on peut extrapoler sans trop se tromper en disant les Français - sont nuls en anglais. Pourtant, alors que l'anglais n'a jamais été autant parlé dans le monde, les natifs doivent apprendre à parler un anglais international pour se faire comprendre à l'étranger...

Assemblee-europe1L'anglais, langue des affaires. Ça ne date pas d'hier et pourtant les Français peinent toujours autant à la maîtriser. Parmi les cadres, les plus mauvais seraient les ingénieurs dont seulement 58,5% auraient un niveau suffisant par rapport aux besoins de leur fonction. Les ressources humaines font à peine mieux (59%), selon l'institut de langues Cambridge English. D'après une autre étude rendue par l'organisme de formation EPI, au niveau mondial la France se situe ainsi au 29ème rang  sur 72. Pas terrible... Mais plutôt que de culpabiliser, est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt demander à ses interlocuteurs de s'adapter ? C'est en tout cas ce que font de plus en plus d'anglais ou d'américains d'origine quand ils doivent travailler dans un environnement international, nous apprend la BBC.

Anglais : les cadres français ont encore besoin d'une remise à niveau

Né à Chicago, Ben Barron a commencé il y a 7 années à travailler avec des étrangers. Quand il s'est retrouvé dans une société d'assurance à Zurich, il s'est aperçu que ses nouveaux collègues venus de toute l'Europe avaient des difficultés à le comprendre. Il a même pris des cours pour apprendre à mieux communiquer avec des personnes qui ne sont pas originaires d'un pays anglophone. Le but : ralentir son débit, éviter le jargon et les idiomes propres à son pays. Il a également arrêté les références au baseball et plutôt que d'écrire en abrégé, ses "can't", par exemple, se sont transformés en "I can not".

L'anglais "standard" n'existe plus

Aujourd'hui, on estime à 1,75 milliard de personnes parlant anglais dans le monde. D'ici à 2020, ils seront deux milliards. Mais un anglais qui n'est pas forcément l'anglais d'Oxford ou de New-York. “L'anglais évolue radicalement, explique Robert Gibson, un consultant interculturel basé à Munich. La tendance n'est plus d'avoir un ou deux anglais standards, comme l'anglais d'Amérique et l'anglais de Grande-Bretagne, mais d'être confronté à des dizaines d'anglais". Le consultant parle ainsi de chinois-anglais, le chinglish, ou encore de l'allemand-anglais, le denglish. On serait tentés d'ajouter le franglish parlé en France. "Dans les entreprises, les salariés parlent un anglais qui n'est pas forcément compris par les natifs", poursuit Gibson.

Aujourd'hui, être originaire d'un pays anglophone ne représente même plus un avantage pour travailler à l'international. Au parlement européen par exemple, les anglophones sont critiqués parce qu'ils ne parlent pas le même anglais que les autres membres. Et c'est à eux que l'on demande de s'adapter... Dans le monde des affaires, "ils s'aperçoivent également que s'ils sont d'implacables négociateurs chez eux, ils peinent ou ratent des contrats à l'étranger", renchérit Cahty Wellings, directrice de la London School International Communication.

Apprendre à parler moins vite

Pour se rendre plus compréhensible de leurs interlocuteurs, les natifs doivent apprendre à réduire leur débit, selon Bob Dignen qui a fondé une école pour leur réapprendre à parler anglais... Un anglophone d'origine a en moyenne un débit de 250 mots par minute, quand un étranger avec un anglais intermédiaire s'exprime avec environ 150 mots par minute. "Apprendre à réduire la vitesse de son débit peut mettre entre 6 et 12 mois", explique Bob Dignen.

Les natifs doivent aussi travailler leur articulation. Alors que les formes abrégées sont courantes à l'écrit comme à l'oral en anglais, ceux qui veulent se mettre à "l'anglais pour les nuls", doivent réapprendre à utiliser les formes longues pour se rendre plus intelligibles.

Que les Anglais fassent des efforts réjouira les Français. Mais ces derniers devront sérieusement se mettre à la langue de Shakespeare pour progresser dans leur carrière. Au moins ne sont-ils pas dupes : près de 70% des cadres français ont déjà renoncé à une offre d'emploi car leur niveau d'anglais était trop faible.

> Réunion en anglais : les termes et les codes à connaître

Nous vous conseillons les articles suivants :

Transférez par mail

À lire également


+ de 40 k€

Décrochez un poste à votre mesure

Êtes-vous bien payé ?

Découvrez votre valeur sur le marché