Pour qui votent les cadres ?

par Cadreo




Les cadres n'échappent pas à la droitisation des esprits, selon une étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po. En cause : un "sentiment de déclin social comme de déclin professionnel".

UrneA droite toute ? Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a interrogé les cadres sur leurs intentions de votes aux prochaines présidentielles. Alors "qu'ils sont considérés comme faisant partie des catégories socioprofessionnelles supérieures", leurs intentions de vote suivent-elles la même tendance observée par les différents observateurs de la vie politique ? La question se pose d'autant plus que comme l'ensemble des salariés, les cadres ont un sentiment de déclassement, réel pour ceux dont les conditions de vie rejoignent celles "des professions salariées intermédiaires par leurs rémunérations à la baisse et leurs conditions de travail en déclin". 

Fracture générationnelle

Les cadres n'échappent donc pas à la tendance : en incorporant le Front national dans les intentions de vote des cadres, l'ensemble de leur vote pour les candidats de droite passerait de 59% en 2012 à 70% pour 2017. "La droitisation des cadres semble très affirmée (...) avec un vote FN qui double d'importance". François Hollande perd la moitié des votes quand Jean-Luc Mélenchon gagne du terrain. Un glissement certain se fait en direction du vote FN : 37% des cadres actifs du privé qui pourraient voter Marine Le Pen en 2017 avaient voter Nicolas Sarkozy en 2012.

Ce sont les cadres retraités qui sont les plus concernés par la droitisation. Leur intention de vote pour la présidente du FN passe ainsi de 9,8% en 2012 à 19,6% pour les prochaines élections. Même évolution parmi les cadres du public dont les intentions de vote pour Marine Le Pen doublent, à 20,8%. "La banalisation du FN est confirmée puisque s'il évolue toujours en fonction du niveau de diplôme (34% chez les cadres du public d'un niveau CAP contre 13% chez ceux qui ont au moins le Bac +4), il a considérablement progressé en moyenne dans un milieu qui le rejetait il y a encore une dizaine d'années", écrit Luc Rouban, auteur de l'étude. Comment expliquer ce report vers la droite de la droite ? Pour l'auteur, la crise de 2008 et la "moyennisation" des conditions des cadres sont certainement à l'origine de ce vote extrême. Mais cela montre aussi que "l'image sociale" du cadre comme un milieu homogène est en fait "traversé par des lignes de fracture".

Si les intentions de vote FN grimpent parmi les cadres, les questions liées à la sécurité, l'immigration ou l'Islam sont largement devancées par les questions économiques. L'emploi, l'économie et la fiscalité sont les sujets qui leur apparaissent en effet prioritaires. La réforme des institutions pèse également peu dans leurs choix électoraux.

And the winner is...

François Hollande, on s'en doute, décroche totalement. S'il devait se retrouver face à Nicolas Sarkozy, son score serait divisé par deux par rapport à 2012. Face à Alain Juppé, la chute serait encore plus importante. L'extrême gauche n'a guère les faveurs des cadres : Philippe Poutou du NPA ou Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière bénéficient nullement de la chute de François Hollande. Même tendance pour les écologistes représentés pour le sondage par Cécifle Duflot d'Europe Ecologie-Les Verts. Jean-Luc Mélenchon qui espère peser dans les débats s'en tirent mieux : 13% des cadres du privé pourraient voter pour lui. Dans la tendance des sondages actuels, Nicolas Sarkozy recule dans toutes les catégories, laissant aujourd'hui la place à Alain Juppé. Mais la route est encore longue... Résultat le 7 mai prochain !

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