Gros QI, faible leadership ?

par Cadreo




Au-delà d'un certain niveau intellectuel, les capacités à bien diriger chutent, selon une récente étude.

Et s'il fallait arrêter de placer des "grosses têtes" aux postes à responsabilités ? C'est ce que l'on pourrait conclure d'une étude de l'Université de Lausanne publiée dans le Journal of Applied Psychology et repérée par Slate. Enfin, les gens trop intelligents en tout cas...

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Pour mener leur enquête les chercheurs ont interrogé 379 chefs d'entreprise et membres de la direction de compagnies privées, dont 27 % de femmes issus de secteurs de la banque, des télécoms, de l'hôtellerie, de la vente, etc. de trente pays. L'âge moyen : 38 ans. Tous ont passé le test de QI, Wonderlic Personnel Test. Il en ressort que la moyenne du groupe s'élevait à 111 quand la moyenne de la population globale a un QI qui plafonne à 100. Ensuite, les participants ont été évalués par 8 de leurs collaborateurs et subordonnées pour évaluer leur qualités de dirigeant via le test Multifactor Leadership Questionnaire.

Résultat : il existe une nette corrélation entre l'intelligence et l'aptitude à diriger. Mais au-delà d'un QI de 120, c'est tout l'inverse qui se passe : les géniaux leaders ont obtenu des notes plus basses que les autres dirigeants en "leadership transformationnel" et "leadership instrumental". Au-delà de 128, cette tendance se vérifie encore davantage. "Ce n'est pas tant que les dirigeants très intelligents ont recours à de mauvaises méthodes, mais plutôt qu'ils peinent à appliquer les bonnes".

Comment expliquer que les gens (trop) intelligents fassent de mauvais leaders ? Pour les chercheurs, cela peut-être dû à leur usage d'un langage complexe, leur manque de capacité à synthétiser et simplifier les tâches. Mais aussi parce qu'ils ne comprennent pas que leurs subordonnés rencontrent des difficultés quand eux n'en voient pas... Ce qui expliquerait que l'intelligence émotionnelle - ou le fait, notamment, de faire preuve d’empathie et d'entrer en relation avec les autres - soit aujourd'hui si prédominante dans les organisations.

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Les femmes et les seniors meilleurs leaders que les hommes jeunes

Autres constats de l'étude : les femmes font, dans l'ensemble, de meilleures leaders que les hommes. Les personnes plus âgées obtiennent également des scores supérieurs aux plus jeunes. De quoi déconstruire le mythe de l'homme jeune charismatique qui entraîne ses équipes... Et aussi de rappeler que les entreprises dirigées par des femmes sont en règle générale plus rentables même si elles sont encore sous-représentées à des postes à responsabilités et notamment à la direction des grandes entreprises.

Mais que les dirigeant(es) super intelligents se rassurent : toujours selon les chercheurs, leurs capacités de leadership dépendent aussi du QI de leurs collaborateurs selon les chercheurs. De quoi rassurer même les moins intelligents des chefs : si rien ne marche, c'est la faute aux autres !

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