Témoignages - Ces cadres qui ont quitté Paris pour la province

par Cadreo




Série 2/4 - Prix de l'immobilier, stress du quotidien, envie d'un "retour à la terre"... Les raisons qui poussent les salariés à quitter Paris sont nombreuses. Nous en avons interrogé cinq d'entre eux. Aujourd’hui, Benoît Faverial et Lily Ponthieux, tous deux entrepreneurs, nous expliquent comment et pourquoi ils ont quitté Paris. Direction : l’Ouest, l’un en Bretagne, l’autre à Bordeaux.  

hotel, tourist walking with suitcase on the streetAller voir au-delà du périph' ! Une nécessité pour près de 80 % des cadres, selon différentes enquêtes. Ce qui les pousse à quitter la vie parisienne ? Dans le désordre : respirer un air plus pur, accéder à la propriété - voire au Graal d'une maison avec jardin - raccourcir les temps de transport, vivre dans un environnement moins bruyant...Alors, Paris je te quitte oui, mais pour quelle réalité ?

Aujourd’hui, Benoît Faverial, « un des dinosaures des médias sociaux », comme il se décrit, revient sur son départ de Paris pour Sainte-Hélène, en Bretagne. Avec deux autres associés, il a fondé Human Forum, centre de conseil et de formation dédié à la transition numérique des métiers et des organisations. De son côté, Lily Ponthieux nous parle elle de son quotidien entre Paris et Bordeaux. Indépendante, elle réalise la communication d’entreprises, « des relations presse au community management ».

Retrouvez le témoignage d'Alison Chauvel, parisienne elle est partie apprendre le vin en Bourgogne 

LilyPonthieux« Mon départ est récent : j’ai quitté Paris au mois d’avril pour Bordeaux. J’ai eu le coup de cœur en rendant visite à de la famille. Mais cela faisait un moment que je voulais quitter Paris. Trop grand, trop d’esprit réunionite à mon goût et, bien sûr, les loyers y sont absolument trop élevés. Aujourd’hui, je travaille les ¾ du temps à Bordeaux. Je pense qu’avec la ligne LGV récemment mise en fonctionnement, les places vont malheureusement être de plus en plus chères également à Bordeaux…

D’un point de vue professionnel, je constate que la ville fonctionne beaucoup en réseau, les gens ont leur cercle, c’est un peu plus fermé qu’à Paris. De fait, je travaille encore avec des entreprises parisiennes mais je compte bien réussir à développer ma clientèle ici aussi.

Au niveau organisation, je m’aperçois que finalement travailler à distance simplifie mon organisation. Avant, on m’appelait la veille pour le lendemain, maintenant, on cale les réunions en avance et on n’en fait plus uniquement pour le plaisir mais quand c’est vraiment utile. Je suis au final plus productive. De même, au téléphone on va plus vite à l’essentiel. Je pense, en tant que freelance, que l’on cède également moins aux caprices des entreprises. C’est confortable.

Autour de moi, beaucoup de personnes qui évoluent dans ma branche me disent que j’ai de la chance car eux-aussi saturent de Paris. Mais j’ai pu le faire parce que j’avais de la famille sur place. Je n’aurais pas été capable de m’installer à Lyon, par exemple, où je n’ai aucune connaissance. Ni même dans une ville moins dynamique. Professionnellement, quitter Paris peut être compliqué et il faut aussi accepter que le rythme de la vie, même s’il fatigue, est bel et bien terminé… »

 Marie, 33 ans, a quitté Paris... pour y revenir

BFaverial« Comme de nombreux parisiens, l’ambiance et le coût de l’immobilier commençaient à nous peser avec mon épouse. Lorsqu’elle a changé de carrière, nous en avons profité pour nous installer en Bretagne.

En tant qu’entrepreneur, quitter Paris n’a pas été trop compliqué. Et j’étais déjà habitué à travailler à distance puisque avec mes associés d’Human Forum, nous avons créé une entreprise sans bureau, sans lieu physique, à l’image des réseaux sociaux, notre cœur d’activité. En fait, notre organisation est une chance. Je me souviens qu’il y a 5 ans, par peur du conservatisme à la française, nous taisions à nos clients le fait que nous n’avions pas de siège. Aujourd’hui, cela est perçu comme un signe d’adaptabilité et de fluidité. Tous les jours, j’ai une réunion avec mes associés via Hangout. Au quotidien, nous utilisons des outils en ligne type Slack ou Dropbox.

Notre organisation a toujours été dématérialisée, donc travailler à distance n'est vraiment pas un problème. Et s'installer dans une autre ville ne signifie pas être injoignable. Au contraire, je pense qu’avec Internet tout le monde est bien plus disponible qu’auparavant. Peut-être même trop. Le travail et la société ont évolué : je peux répondre à un client le dimanche mais décrocher complètement de mes tâches un mardi si je n’ai rien à faire ce jour-là. Après trois années en Bretagne, je suis convaincu que 100 % des métiers intellectuels peuvent se faire en télétravail ! »

Reconversion : ces cadres qui ont changé de vie

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