Les intitulés de poste ont une influence sur la vie professionnelle des salariés

par Cadreo




Changer la dénomination d'un job aurait des conséquences sur la performances des employés. Mais attention, cette pratique est parfois utilisée par les entreprises pour leur donner l'impression qu'ils montent en grade. D'autres fois, c'est carrément une façon de lutter contre leur incompétence. Une promotion en trompe-l’œil aussi appelée "sublimation percutante".

Tuner sa carte de visite. Si la tendance n'est pas nouvelle, elle est de plus en plus visible en entreprise. Mais comme pour les voitures, c'est souvent too much. Le site jobschmob s'en amuse et génère automatiquement des titres aussi ronflants que creux : Junior Infrastructure Designer, Assistant to the Integration Consultant, Regional Reengineering Facilitator, etc. C'est sûr ça claque, et maquiller son intitulé dope l'orgueil. Les entreprises l'ont bien compris : elles embellissent volontiers les titres pour faciliter leur recrutement et améliorer le bien-être des employés.

Mais parfois, c'est aussi un remède au principe de Peter. Soit pour les salariés incompétents, une apparente promotion vers un poste plus prestigieux mais, en réalité, aux responsabilités très inférieures...

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Intitulé

Quand les titres créatifs stimulent le travail

Un récent article paru dans la revue HBR revient sur les recherches de Dan Cable, professeur à la London Business School. En 2014, il souhaitait vérifier s'il y avait de "vrais bénéfices psychologiques à renommer les intitulés de poste" explique-t-il. Résultat, pour les employés la personnalisation de leur titre a un impact positif, notamment celui de donner davantage de sens à leur emploi. A tel point que le professeur a réussi à transformer sa recherche en business : il conseille désormais les sociétés qui veulent renommer les intitulés de poste. Le procédé paie : dans une brasserie européenne, les employés qui ont choisi leur nouveau titre se déclaraient ensuite 16 % plus satisfaits de leur emploi et 11 % qu'ils s'identifiaient plus étroitement à leur entreprise.

Distinction honorifique

Dans la même idée, de plus en plus de compagnies créeraient des fonctions de "vice-président(e)" pour faire plaisir aux salariés, selon la BBC. Sur son site, le média anglais rapporte l'exemple de la présidente de la fondation Make A Wish, Susan Fenters Lerch, qui a décidé de changer son titre de poste et a demandé aux employés d'agir de même. Elle a choisi le titre de Bonne fée (Fairy godmother of wishes)... Et ça marche : 18 mois plus tard les salariés s'estimaient moins épuisés émotionnellement et surtout enfin considérés à leur juste valeur.

Autre effet positif pour les entreprises : les changements de dénomination favorisent les recrutements. La société Buffer qui voulait féminiser sa masse salariale a par exemple décidé de ne plus utiliser le terme "Hacker" mais plutôt celui de développeur ou développeuses. Le nombre de femmes qui ont postulé s'est sensiblement amélioré, expliquent les dirigeants du groupe.

Attention aux fausses promotions !

La sublimation percutante. Le terme est joli, la réalité beaucoup moins. Cette pratique consiste à muter un employé, généralement incompétent, vers un autre poste en améliorant sa condition matérielle ainsi que son titre de poste. Les entreprises utilisent ce procédé comme remède au principe de Peter qui veut que "dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence" mais aussi qu'avec le "temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité"

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Selon Peter, la sublimation percutante est une pseudo-promotion permettant donc de tromper les gens exclus de la hiérarchie mais aussi de masquer les problèmes de politique RH et enfin de remonter le moral des employés. Ces derniers se disent que si une telle personne est promue, eux aussi connaîtront une ascension professionnelle. 

Conclusion : en tant que manager vous pouvez voir avec vos collaborateurs ce qu'ils penseraient d'un changement de leur titre. Si l'idée les stimule, une nouvelle dénomination fera passer la pilule d'un gel des salaires. Et si votre supérieur vous propose une promotion assortie d'un changement de titre, méfiez-vous de ne pas être mis au placard...

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