Utilisez vos 7 sens pour devenir un meilleur manager !

par Cadreo




"Retour aux sources de l'entreprise, de ce qui fait l'homme, derrière le cadre ou l'employé : nos sens", expliquent les auteurs de Les 7 sens ou l'essence de l'entreprise...

La vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher... A ces 5 sens "évidents", les auteurs de Les 7 sens ou l'essence de l'entreprise* en ajoutent 2, qu'ils jugent tout aussi "fondamentaux" : l'intuition et le sens des autres. Dirigé par Raphaëlle Laubie, experte en management, et Philippe Wattier, créateur du Cercle du leadership, cet ouvrage propose un "véritable retour aux sources de l'entreprise" mais surtout de remettre l'humain en son centre.

Un livre de management original qui donne la parole à des dizaines d'experts du monde du travail : RH, journalistes, consultants, etc. Au-delà de la rationalité des discours managériaux, les auteurs rappellent ces propos de Steve Jobs : "Ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition, tout le reste est secondaire".

>Faut-il aimer l'humain pour bien manager ?

La vue active

Pour l'économiste Frédéric Bastiat, il y a ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas, soit ce qui manifeste simultanément avec sa cause et ce qui ne se déroule que successivement, "on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit", écrivait-il. En entreprise aussi, il faut entraîner sa vue à voir, à anticiper. Dans un chapitre consacré à "La vue", Christine Fabresse explique qu'il faut "faire travailler le manager sur la 'vue active' (...). Nous aimons parler de vision stratégie et nous sommes souvent incapables de voir ce qui se passe autour de nous, de voir les réactions, les émotions, les signaux faibles ou forts..." Si la vision est une qualité, il est aussi indispensable de regarder ce qui se déroule, là, sous nos yeux, à l'instant présent, pour éviter des erreurs de communication, des "ruptures de management". 

L'ouïe, un sens à développer

"Vous avez une bouche et deux oreilles, il doit y avoir une raison. Retenez qu'il faut au moins écouter deux fois plus que parler". Bien voir ce qui se passe en entreprise, c'est aussi savoir bien écouter. C'est une des qualités des leaders : être un "manager entendant et entendu". L'écoute, c'est ce qui permet aux collaborateurs de se sentir considérés. Ecouter, c'est aussi apprendre ce qu'il se passe autour de soi. Mais savoir écouter est un art. Il faut être vraiment tout ouïe, concentrer et accepter la parole de l'autre, qu'elle aille à l'encontre de ses propos à soi. Dans un groupe, "le travail d'écoute du leader face à son équipe doit être celui d'un chef d'orchestre. Il dirige les individus vers un collectif", souligne Raphaëlle Laubie.

> Comment devenir un manager bienveillant ?

Le toucher, pour mieux manager

"Ce qu'il y a de plus profond en l'homme, c'est la peau", écrivait Paul Valéry. L'on ressent tout par la peau, on respire même par elle. Pourtant, l'entreprise a totalement banni le toucher : "les portes des bureaux doivent rester ouvertes et les ascenseurs éviter d'accueillir un homme et une femme... seuls !", constate Ariane Malzac. Bien évidemment, les chapitres consacrés au toucher ne suggèrent pas de s'inviter dans l'intimité de l'autre mais de comprendre que le toucher est un moyen de comprendre et analyser l'autre. La preuve : lors d'un premier entretien, la poignée de main entre un candidat et un DRH en dit long sur une personnalité. Mou, énergique, fuyant... Ce premier contact en dit long sur l'autre et "comment il conviendra de (le) manager", poursuit Ariane Malzac.

Le goût des autres

"En vrai chef, le manager donne du goût à l'action et créé l'envie chez ses collaborateurs et clients", analyse Raphaëlle Laubie. Avoir du goût, c'est aussi aimer, avoir de "l'appétit/de l'appétence" pour les autres, souligne Xavière Thomazo. C'est s'intéresser à ses équipes, à l'organisation, à ce qui en fait le sel. Et puis pour souder les équipes quoi de mieux qu'un banquet ? Rien de tel "qu'un restaurant d'entreprise pour créer les conditions du home at work et d'une ambiance de travail propice ; rien de tel que ces célébrations multiples, pour des prétextes le plus souvent anodins, pour que chacun à tour de rôle puisse 'régaler' ses collègues", résume Philippe Watier.

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L'odorat, pour le flair

Ceux qui sont privés d'odorat sont soumis à de nombreux risques. Ce sens nous permet de flairer les risques, les choses potentiellement toxiques. On a aussi la mémoire des odeurs, parfois elles soulèvent un haut-le-coeur, parfois elles raniment des souvenirs chargés d'émotions. Si les odeurs ne font pas "partie du registre du management", constate Catherine Abonnenc, "le manager doit avoir du nez, ou du flair, et manifester une intuition allant au-delà des apparences visuelles pour saisir des indices impalpables, révélant l'invisible aux autres".

La force de l'intuition

Suivre son instinct, c'est accepter d'avoir raison sans savoir pourquoi. C'est se lancer dans une aventure, parce qu'on y croit, parce qu'on "le sent bien". L'instinct c'est trancher entre deux décisions sans être forcément capable de justifier son choix. D'ailleurs, "l'intuition a le défaut de ne pas toujours être fédératrice. Elle inquiète, déstabilise par le manque de méthode", admet Olivier Bentz. Pourtant, l'intuition relève aussi du génie, c'est ce sixième sens qui s'ajoute à la seule intelligence. Dans un monde en évolution, dont il est difficile dans quelle voie il va s'engager, les auteurs appellent à écouter cette petite voix en nous, pour prendre "une certaine prise de risque, incontestablement, et donc par ce fameux droit à l'erreur dont on parle tant et que nous avons encore tant de mal à appliquer", souligne Christine Fabresse.

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Le sens des autres

Les comportements altruistes sont rares en entreprise, les gentils sont au mieux suspects, au pire des demeurés. Pourtant avoir le "sens des autres" c'est avoir "ses cinq sens en éveil et être en capacité de s'en servir", selon Patrice Casenave. D'autant que le "partage, l'équité, le respect et la bienveillance" sont des valeurs de plus en plus recherchés par les collaborateurs, explique Evelyne Chabrot. Et si finalement, avoir le sens des autres, c'était tout simplement être exemplaire, c'est-à-dire à "s'appliquer soi-même ce que l'on attend des autres" ?, suggère Mareva Edel.

> Management : faut-il en finir avec le "bonheur au travail" ?

* Les 7 sens ou l'essence de l'entreprise, édition l'Archipel, 256p, 20€

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